L'ATTAQUE TARAN
UNE TACTIQUE DÉSESPÉRÉE
Par

Gentleman

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L'attaque TARAN est, sans aucun doute, la tactique de combat la plus désespérée et la plus radicale utilisée pendant la guerre aérienne en Europe lors du second conflit mondial.

L'attaque TARAN a été adoptée par les forces aériennes soviétiques au début de la grande guerre patriotique, dans les jours sombres des années 1941 et 1942, et après que la première semaine de l'Opération Barbarossa ait laissé près de 4.000 appareils soviétiques détruits ou gravement endommagés (la majorité d’entre eux détruits au sol pendant les premiers jours de l'attaque allemande).

Au début du conflit, quand les forces aériennes soviétiques (VVS) ont fait face à l'attaque de la Luftwaffe, la majorités des chasseurs disponibles étaient sous armés et trop lents pour être vraiment efficaces contres les chasseurs allemands plus modernes, plus rapides et plus lourdement armés.

Le Haut commandement soviétique a alors recommandé à ses pilotes d'utiliser en dernier recours une nouvelle forme d'attaque : l'attaque TARAN.

L'attaque TARAN n'a rien à voir avec une attaque suicide à la japonaise (kamikaze).
Le pilote n'est pas sensé se suicider. Le but est de percuter l'avion ennemi ou de tailler en pièces ses surfaces de contrôle avec son hélice ou son aile.

L'avion attaquant a de fortes chances d'être détruit, mais le pilote est sensé survivre.

Du point de vue du haut commandement soviétique, l'utilisation d'un avion obsolète pour détruire un avion technologiquement plus avancé (généralement un bombardier) était un concept satisfaisant.


Il y a principalement quatre façons d'exécuter une attaque TARAN :

1) Attaquer à l'avion ennemi dans ses six heures, en s'approchant de ses surfaces de contrôle, au niveau du gouvernail de direction, afin de détruire ou d'endommager gravement celles-ci a l'aide des pales de l'hélice, provoquant la perte des capacités de vol et, par conséquent, la démolition de l'appareil ennemi.

2) À basse altitude, réussir à placer une aile sous l'aile de son adversaire et le propulser au moyen d'une impulsion pour lui faire perdre le contrôle et s'écraser.


3) Provoquer un impact avec le bord d'attaque de l'aile de son avion contre les fragiles surfaces de contrôle (ailerons, gouvernes de direction, gouvernes de profondeur) de l'avion ennemi en causant des dommages graves à ces dernières tandis que les dommages dans l’aile sont minimisés grâce à la forte structure du bord d'attaque. Quelques modèles du Polikarpov I-16 furent spécialement renforcés pour ce type d'attaque.
Cette technique entraînait, évidemment, une faible probabilité de survie, bien que supérieure a celle du "Taranyy udar".

 

 

4) Le "Taranyy udar" ou l’abordage direct : Lancer directement son propre avion contre celui de l'ennemi, méthode utilisée en dernier recours quand l'avion russe ou le pilote lui-même avaient été atteint par l'ennemi, et que ce dernier ne voyait plus de possibilité de salut.

Le premier TARAN documenté de la Grande Guerre Patriotique s'est produit le 22 juin 1941, date du début de l'attaque allemande. Ainsi, vers 04:25 heures (approximativement une heure après que la Luftwaffe ait entamé ses bombardements), I.I Ivanov du 46.IAP perdait la vie aux alentours de Zholka, après avoir jeté son I-16 contre un He-111; Il fut promu Héros de l'Union Soviétique à titre posthume.

A cette même date, pendant une lutte acharnée entre un escadron Messerschmitt et un groupe d'I-16 vers Kobrin, trois chasseurs soviétiques et deux allemands furent rapidement abattus .
Alors que le combat prenait fin , le lieutenant Dmitri Kokorev du le 124ème Régiment Aérien de Chasse, en découvrant qu'il avait dépensé toutes ses munitions, entamait un piqué délibéré avec son I-16 contre un Messerschmitt. L'avion allemand fut brisé et s’écrasa en flammes, tandis que Kikorev réussissait à atterrir sain et sauf avec son Mosca gravement endommagé.

Le 18 mars 1945 Piotr Kozachenko, Héros de l'Union Soviétique crédité de 27 victoires aériennes, fut porté disparu lors d’une mission d’escorte de Pe-2 de reconnaissance sur Danzig (près de Gdansk). Son La-5 fut touché par l’artillerie anti-aérienne et prit feu; ses derniers mots entendu sur les ondes radios furent : "Ils m'ont eu, je vais faire un TARAN" (on ne sait pas avec certitude si son attaque fut couronnée de succès).

A partir d’une certaine période de la guerre, après la bataille de Koursk et lors de l’entrée en Allemagne de l’armée rouge, ce type d’attaque est en nette régression sans doute parce que les avions russes commencent a égaler et même à dépasser les avions allemands et des manoeuvres si radicales sont rendues moins nécessaires.


L’ATTAQUE TARAN DANS IL-2

IL-2 Forgotten Battles offre la possibilité d'essayer dans les cieux virtuels l'attaque TARAN, pour laquelle on peut utiliser les mêmes tactiques qui ont été employées dans la réalité.


Exemple d'une attaque de type TARAN :

La tactique utilisée est la suivante :

1. - S'approcher dans les six heures de l’avion ennemi par le dessous :

2. - Une fois placé juste sous la queue de l'ennemi, commencer une ascension lente jusqu'à ce que l'hélice de l'avion découpe de la queue de l'avion ennemi.


Impressionnant, non ?

Bien sur un chasseur ennemi (surtout piloté par l'IA) ne volera pas de façon suffisamment stable pour pouvoir effectuer une attaque TARAN, mais n'oublions pas que cette tactique était plutôt réservée aux cas désespérés (pilote gravement blessé ou à cours de munitions) et il est toujours possible de surprendre un joueur humain inattentif jouant en settings full realism.



Comme on le voit une avec beaucoup de sang froid et une grande maîtrise, il est possible de démolir un avion ennemi sans lui tirer une seule balle.

Mais évidemment, la manoeuvre est plus facilement applicable aux bombardiers, qui volent généralement de façon plus stable et plus lente que les chasseurs.

1) Arriver dans les six heures du bombardier, directement vers ses gouvernes de direction.



2) Se rapprocher de ses gouvernes de direction, jusqu'à ce que notre hélice entre en contact direct avec ces dernières, ou bien, en appliquant avant l’impact un peu de palonnier, afin d’obtenir un mouvement latéral pour que les pales de l’hélice labourent une surface maximale.

Évidemment, la même chose peut être tentée sur des bombardiers disposant de mitrailleurs, bien qu'il ne soit pas difficile de comprendre que dans ce cas les chances d'arriver à se rapprocher suffisamment de la queue de l'avion ennemi sont beaucoup plus réduites.
En rentrant les épaules et en serrant bien les fesses, tout est possible :-)

Bien sur les quelques exemples exposés ici ne se veulent pas une liste exhaustive des possibilités d'exécution d'une attaque TARAN qu'offre IL-2 Forgotten Battles.
Bien au contraire…

Ainsi, les ailes sont aussi un point faible des avions du simulateur et elles peuvent être également attaquées avec l'hélice de notre appareil, bien qu'il y ait une forte probabilité que l'aile de notre appareil la plus proche de l'ennemi entre en contact avec de ce dernier, provoquant la plupart du temps sa rupture.

 

Les images suivantes montrent une attaque TARAN se faisant avec un avantage de vitesse sur
l'ennemi. Les ailes étant fragiles, elle est quand même fortement déconseillée, les ailes des deux appareils étant la plupart du temps détruites.

La même tactique est également applicable contre des bombardiers.

Le "Taranyy udar " reste l’attaque la plus facile à mettre en œuvre, mais dans ce cas la mort est au bout du chemin…

A noter que dans IL2, les attaques TARAN réussies se soldent quand même la plupart du temps par un endommagement définitif du moteur.

Séquence montrant une attaque TARAN réussie d’un YAK 9K contre un Fw-190 :


Désormais vous n’aurez plus aucune excuse de vous plaindre de la pénurie de balles dans les avions russes, et le fait de se retrouver à quelques mètres d'un avion ennemi sans munitions ne devrait plus vous causer de soucis, la solution est toute trouvée : l'attaque TARAN.

Gentleman

(Remerciements à Juan Andres "Susto")




Gentleman (legentleman@wanadoo.fr)